Au SIA 2026 à Paris, Bruno Koné détaille la riposte ivoirienne face aux défis agricoles

En marge du Salon International de l’Agriculture 2026, à Paris, le ministre Bruno Nabagné Koné a accordé une interview à France 24. Crise du cacao, transformation locale, filière avicole et autosuffisance en riz : le nouveau ministre ivoirien de l’Agriculture expose une stratégie axée sur la résilience et la souveraineté alimentaire.
Cacao : protéger les producteurs malgré la conjoncture
Interrogé sur la crise du cacao, Bruno Koné a tenu à nuancer : “il ne s’agit pas d’un manque d’acheteurs pour le cacao ivoirien, mais d’une crise mondiale impactant l’ensemble du marché. Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire subit les effets de cette conjoncture internationale”.
Le ministre assure toutefois que des mesures sont en cours pour renforcer la solidité de la filière. La priorité demeure la protection des revenus des producteurs, conformément aux orientations du Président Alassane Ouattara. Après des campagnes 2024-2025 et 2025-2026 marquées par des prix exceptionnels, le gouvernement entend amortir le choc actuel tout en travaillant à des solutions structurelles à long terme.

Transformation du cacao : cap sur 50 % à court terme
La transformation locale constitue un pilier stratégique. Actuellement, près de 40 % de la production ivoirienne est transformée sur place. L’objectif est d’atteindre 50 % dans les trois à quatre prochaines années, avant d’envisager, à terme, la transformation intégrale de la production nationale.
Pour Bruno Koné, cette dynamique permettra d’accroître la valeur ajoutée locale, de créer davantage d’emplois et de renforcer la position du pays sur le marché mondial du chocolat.
Filière avicole : consolider un succès national
Concernant la filière volaille, le ministre souligne une avancée majeure : la couverture totale des besoins nationaux en poulet. Un succès qu’il attribue aux politiques de soutien à la production animale.
Face aux préoccupations liées à la fiscalité, il met en avant la nécessité d’améliorer la compétitivité du secteur, notamment à travers la production locale d’intrants comme le maïs, afin de réduire les coûts et garantir la durabilité de la filière.
Riz : l’objectif d’autosuffisance en ligne de mire
La production rizicole a fortement progressé ces dernières années, permettant de couvrir environ 60 % de la consommation nationale. Les importations représentent encore 40 %, un poids important pour le budget de l’État.
Le gouvernement ambitionne d’atteindre l’autosuffisance dans les deux à trois prochaines années, grâce notamment à la mise en place d’un ministère délégué chargé de la production vivrière, avec un accent particulier sur le riz.
Roger Kassé


