Derrière les barreaux, la lecture ouvre la voie à la liberté au Brésil

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Au Brésil, un livre peut désormais raccourcir une peine de prison. Depuis 2012, le pays a mis en place un programme original baptisé « Rémission par la lecture », permettant aux détenus de réduire leur durée d’incarcération en lisant des ouvrages et en produisant des comptes rendus écrits.
Concrètement, chaque livre lu et évalué peut faire gagner jusqu’à quatre jours de remise de peine, dans la limite de 48 jours par an. Une initiative inédite dans un système pénitentiaire confronté à une surpopulation chronique, à la violence et à un taux de récidive dépassant les 80 %.
Ouvert à l’ensemble des détenus, y compris aux personnes analphabètes ou en situation de handicap, le programme se veut inclusif. Il encourage l’autonomie, la réflexion personnelle et l’acquisition de compétences intellectuelles, autant de leviers essentiels pour la réinsertion sociale.
Pour de nombreux participants, la lecture devient une échappatoire mentale et un outil de reconstruction. Edson Reinehr, détenu bénéficiaire du programme, explique que les livres lui ont permis de « s’évader » et surtout d’imaginer une vie différente après la prison.
Soutenu par des enseignants, des bénévoles et des maisons d’édition, le dispositif repose sur un accompagnement pédagogique rigoureux, garantissant la qualité des lectures et des productions écrites. Son efficacité est renforcée par un constat frappant : selon une étude récente, les détenus engagés dans le programme lisent jusqu’à neuf fois plus que la moyenne nationale.
À travers cette initiative, le Brésil démontre que la culture peut être un puissant vecteur de transformation sociale. Dans l’univers carcéral, le livre devient ainsi bien plus qu’un objet de savoir : un véritable passeport vers la liberté et la réinsertion.
Source: UNESCO


