Filière cacao : le dialogue renoué, les achats officiellement relancés
Après plusieurs semaines de tensions, la paix semble définitivement rétablie au sein de la filière cacao en Côte d’Ivoire. Les différents acteurs ont choisi la voie de l’apaisement et du dialogue, ouvrant ainsi la voie à une reprise effective des activités commerciales.

Selon des sources proches du dossier, la décision d’abandonner la plainte visant certains syndicalistes a contribué à décrisper l’atmosphère. Ce geste d’apaisement a favorisé le retour du calme et permis la relance des achats de cacao par les exportateurs, qui avaient été suspendus en raison du climat de crise.
Dans la foulée, les multinationales disposant d’unités de transformation dans le pays ont repris l’acquisition de contrats de déblocage (d’exportation) ainsi que des volumes de fèves auprès du régulateur de la filière, le Conseil Café-Cacao (CCC). Cette reprise constitue un véritable soulagement pour les producteurs ivoiriens de café-cacao, dont les revenus avaient été impactés par le ralentissement des transactions.
Le CCC, en collaboration avec les autres maillons de la chaîne de valeur, s’emploie à garantir une rémunération juste et équitable aux producteurs. Cette dynamique s’inscrit dans la vision des autorités ivoiriennes, notamment celle du Président Alassane Ouattara, qui a fait de la défense du monde paysan et de la valorisation du secteur agricole une priorité nationale.
Par ailleurs, l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) joue un rôle clé dans le programme de rachat des stocks résiduels encore détenus par les producteurs et les coopératives. Son intervention devrait faciliter l’écoulement des volumes restants et accélérer les flux de déchargement dans les semaines à venir, contribuant ainsi à la normalisation complète du marché intérieur.
Cette reprise intervient toutefois dans un contexte international difficile. Les cours mondiaux du cacao ont enregistré une chute significative, perdant plus de 50 % de leur valeur depuis janvier 2026, sous l’effet d’un ralentissement de la consommation mondiale de chocolat et d’une contraction de la demande.
Premier producteur et exportateur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire mise sur cette accalmie et sur la cohésion retrouvée entre les acteurs pour stabiliser le marché, renforcer la confiance et améliorer durablement les revenus des producteurs.
Gaël Tibé


