Journée internationale des droits des femmes : des magistrates éclairent les fidèles sur le mariage et l’héritage

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Temple Marcory Espérance a accueilli, le samedi 7 mars 2026, une conférence dédiée à l’information juridique des femmes. L’initiative, organisée par l’Action des ouvrières de Christ (AOC), a réuni des centaines de participantes venues s’informer sur leurs droits en matière de mariage, de divorce et d’héritage.
La rencontre marque la première célébration officielle de cette journée au sein des églises évangéliques des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire. À cette occasion, les magistrates Mariame Djellé et Geneviève Yoro ont animé une conférence mêlant explications juridiques et principes de foi.
Au cours de son intervention, Mariame Djellé a rappelé que, même si le mariage chrétien est considéré comme indissoluble sur le plan spirituel, la loi prévoit des dispositions précises en cas de rupture. Elle a notamment indiqué que le divorce n’est effectif que lorsque le juge valide la convention entre les époux.
Elle a également expliqué que, dans certaines conditions, une femme divorcée peut conserver le nom de son ex-époux. Toutefois, un délai légal de 300 jours est imposé avant tout remariage afin d’éviter tout conflit de paternité.
Le droit successoral a constitué le point central de la conférence. La magistrate a insisté sur le fait que la loi protège la veuve contre les pratiques coutumières dégradantes. « Vous êtes protégées », a-t-elle affirmé devant l’auditoire.
Concernant la répartition des biens, elle a précisé que la veuve légalement mariée a droit à un quart de l’héritage, tandis que les héritiers se partagent les trois quarts restants. Dans le cas d’un régime de communauté de biens, la veuve récupère d’abord la moitié des biens communs, puis un quart de la part du défunt, le reste revenant aux héritiers.
Mariame Djellé a aussi rappelé que la législation ivoirienne garantit désormais l’égalité entre les enfants héritiers, sans distinction de sexe. Elle a encouragé les femmes à défendre leurs droits, notamment en saisissant la justice en cas de litige, par exemple dans la gestion d’une entreprise familiale.
La magistrate a enfin conclu en soulignant l’importance d’allier droit et spiritualité, estimant que l’application de la loi doit être guidée par la sagesse afin de préserver l’harmonie au sein des familles et de la société.
Gaël Tibet


