Privés d’accès aux principales artères du District d’Abidjan, les livreurs se retrouvent désormais contraints d’emprunter des itinéraires secondaires souvent saturés. Une situation qui ralentit considérablement leurs activités.

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Livraison à Abidjan : l’interdiction des motos étouffe un secteur déjà fragile

Dans les faits, les temps de livraison ont doublé, parfois triplé, entraînant une hausse marquée des coûts opérationnels pour les entreprises du secteur. Les retards répétitifs provoquent l’agacement des clients et mettent en péril plusieurs contrats avec les plateformes locales.

Un secteur sous tension : emplois menacés et économie locale fragilisée

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Le secteur de la livraison à moto, qui représente plusieurs milliers d’emplois directs et indirects — livreurs, logisticiens, plateformes numériques, petits commerces — subit de plein fouet l’application stricte de la mesure d’interdiction.
Selon les acteurs du domaine, l’activité de nombreux livreurs a chuté de 40 à 70 % en quelques semaines. Certaines entreprises envisagent déjà de réduire leurs effectifs pour survivre, tandis que restaurants, boutiques en ligne et pharmacies affirment perdre en compétitivité faute de livraisons rapides.

Pour une grande partie des jeunes travailleurs, la moto constituait un véritable outil d’insertion socio-économique. Sa restriction sur de vastes portions du réseau routier prive désormais une frange importante de la jeunesse de revenus réguliers.

Un vide logistique au cœur de la ville

Les motos restent pourtant le moyen de livraison le plus rapide et le plus adapté à Abidjan, une ville marquée par des embouteillages chroniques, des quartiers enclavés et une forte demande de livraison express.
Leur absence crée un vide logistique considérable : les repas livrés arrivent en retard, les documents administratifs prennent plus de temps à circuler, les commandes en ligne stagnent et les pharmacies peinent à assurer les livraisons urgentes de médicaments.

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Entre sécurité et impératif économique, un équilibre difficile

Le District Autonome d’Abidjan justifie ces restrictions par la nécessité de lutter contre l’incivisme routier, la réduction du nombre d’accidents et le contrôle des engins non immatriculés.
Mais pour les acteurs économiques, la réponse ne peut être une interdiction « totale et uniforme ». Ils plaident plutôt pour une régulation adaptée, incluant immatriculation obligatoire, formation professionnelle des conducteurs et définition de zones de circulation contrôlées.

L’urgence d’un dialogue

À l’heure où Abidjan s’impose comme un pôle régional du numérique et du e-commerce, cette interdiction généralisée apparaît pour beaucoup comme un frein majeur à l’essor de la ville.
Plateformes, commerçants et livreurs appellent désormais les autorités à ouvrir un dialogue afin de trouver un compromis entre sécurité publique et dynamisme économique, indispensable au fonctionnement d’une capitale moderne.

Hermann N’Zarama

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