Le bien-être au travail, un rempart contre le diabète selon le Dr Patricia Adouko

La spécialiste en santé et sécurité au travail, Dr Patricia Adouko, a animé, le mardi 11 novembre 2025, à l’auditorium de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) à Abidjan-Plateau, une conférence autour du thème « Bien-être au travail, facteur de protection et levier d’action en milieu professionnel ». Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la journée de sensibilisation sur le diabète, organisée en marge de la Journée mondiale du diabète.
Initiée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles, en collaboration avec des ONG, associations et le projet HD4A, cette activité visait à sensibiliser les travailleurs sur l’importance d’une alimentation équilibrée et d’un environnement professionnel sain pour prévenir le diabète et les maladies non transmissibles.
Selon Dr Adouko, le bien-être au travail repose sur quatre piliers essentiels :
à savoir, des conditions de travail saines et sécurisées, des relations harmonieuses entre collègues, ensuite la reconnaissance des efforts individuels et enfin, la possibilité pour chaque salarié de donner du sens à sa mission.
« Le travail cesse d’être une contrainte lorsqu’il devient une ressource d’épanouissement personnel et collectif », a affirmé l’experte, soulignant que le bien-être professionnel agit comme un véritable bouclier contre les déséquilibres métaboliques et constitue un facteur clé de performance.
Elle a ajouté :
« Lorsqu’un travailleur se sent reconnu, valorisé et soutenu, il développe une meilleure résistance au stress, une plus grande vitalité et un engagement durable. Le bien-être, c’est donc une forme de prévention active qui protège à la fois la santé et la productivité. »
Dr Adouko a insisté sur la nécessité pour les entreprises d’intégrer la promotion du bien-être dans leurs politiques managériales, rappelant que les organisations qui investissent dans la santé physique et mentale de leurs employés construisent des équipes plus résilientes, plus créatives et plus loyales.
S’appuyant sur la définition de la Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a rappelé que la santé ne se limite pas à l’absence de maladie, mais englobe un état complet de bien-être physique, mental et social. Des études menées au Japon démontrent d’ailleurs qu’un programme structuré de bien-être en entreprise peut réduire de 25 % les risques de diabète de type 2 et de 30 % l’absentéisme lié au stress chronique.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le professeur Yéboué Yves, représentant le directeur général de la CNPS, a souligné l’urgence d’agir face à la progression mondiale du diabète.
« Aujourd’hui, une personne adulte sur neuf vit avec cette maladie, qui a causé 3,4 millions de décès en 2024 et englouti plus de 1 000 milliards de dollars, soit 12 % des dépenses mondiales de santé », a-t-il indiqué, avant de rappeler que « le bien-être au travail n’est pas un luxe, mais un levier de productivité et de performance durable ».
Célébrée chaque 14 novembre à l’initiative de la Fédération internationale du diabète (FID) et de l’OMS, la Journée mondiale du diabète a pour objectif de sensibiliser, prévenir et encourager l’adoption de modes de vie sains et responsables.
Cette année, le thème « Diabète et bien-être » met particulièrement l’accent sur la promotion de la santé en milieu professionnel, soulignant le rôle crucial des entreprises dans la prévention des maladies métaboliques.
R.K


