Lutte contre la criminalité financière : l’AGRAC renforce les capacités des magistrats pour traquer les avoirs criminels

Abidjan, le 25 mars 2026 – L’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC) poursuit son offensive contre la criminalité économique et financière. Les 17 et 18 mars 2026, elle a organisé à Assinie un atelier de renforcement des capacités au profit des magistrats du ressort de la Cour d’Appel d’Abidjan.
Cette session s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre les infractions économiques et vise à promouvoir l’intégration systématique de l’approche patrimoniale dans les enquêtes et les poursuites judiciaires.
À l’ouverture des travaux, la directrice générale de l’AGRAC, Nathalie Tapé-Djè Bi Djè, a mis en exergue l’évolution de la criminalité moderne, marquée par des mécanismes de dissimulation de plus en plus sophistiqués. Elle a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux profits illicites, rappelant que leur confiscation constitue à la fois une exigence des standards internationaux du Groupe d’action financière et un impératif d’efficacité judiciaire.
Prenant la parole, Kodjo Atisso, chef de bureau de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, a salué les efforts soutenus des autorités ivoiriennes face à un phénomène qui fragilise les institutions et compromet le développement économique. Il a souligné le rôle stratégique des magistrats, appelés à mieux exploiter les flux financiers pour orienter les enquêtes vers l’identification des avoirs criminels.
Représentant le ministre de la Justice, Bernard Kouassi a mis en avant les avancées du cadre juridique national, notamment les réformes du Code pénal et du Code de procédure pénale ainsi que le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux. Ces évolutions introduisent des techniques d’enquête modernes et renforcent les mécanismes de saisie et de confiscation.
Il a exhorté les magistrats à adopter des réflexes systématiques d’enquêtes patrimoniales, soulignant que l’objectif est clair : priver les criminels de tout bénéfice issu de leurs activités illicites en identifiant, traçant et saisissant leurs avoirs.
Dans la continuité des actions menées en 2024 et 2025, l’AGRAC prévoit d’étendre ce programme de formation à l’ensemble des Cours d’Appel du pays, consolidant ainsi son rôle central dans la promotion d’une justice patrimoniale moderne, efficace et conforme aux standards internationaux.
LM


