MONDE/ De bonnes nouvelles santé pour bien commencer l’année 2026

Des médicaments aux bénéfices multiples
Wegovy (sémaglutide), Mounjaro (tirzépatide), Saxenda (liraglutide)… La prise en charge de l’obésité connaît depuis un an une véritable révolution avec l’arrivée sur le marché de nouveaux traitements dits “analogues du GLP-1”, une hormone impliquée notamment dans la régulation de la satiété et de la glycémie. D’abord utilisés pour le diabète de type 2, ces médicaments injectables sont désormais indiqués en cas de forte surcharge pondérale (indice de masse corporelle supérieure à 30kg/m² ou même 27 avec une comorbidité) car ils réduisent l’appétit et augmentent la sécrétion d’insuline.
Strictement prescrits, au départ, par des spécialistes, ils sont, depuis juin 2025, accessibles sur simple ordonnance d’un généraliste (pour la prescription initiale comme pour le renouvellement). Et si leurs effets sur la perte de poids sont démontrés (jusqu’à 24% sur 72 semaines avec Mounjaro), ils pourraient bien ne pas s’arrêter là! De nombreuses études d’observation suggèrent en effet des bénéfices indépendants de la perte de poids: réduction de maladies cardio-vasculaires majeures, tels que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, réduction des douleurs liées à l’arthrose du genou… Les analogues du GLP-1 auraient en effet de multiples vertus, notamment inflammatoires, qui intéressent plusieurs spécialités médicales. Des essais cliniques sont d’ailleurs en cours pour évaluer l’effet de ces médicaments sur certains troubles neurologiques, hépatiques, rénaux, ainsi que sur l’addiction à l’alcool. Des hypothèses prometteuses, à accueillir toutefois avec prudence car ces médicaments ne sont pas dénués d’effets indésirables.
Grippe, des vaccins plus efficaces

C’est l’invitée dont on se passerait bien chaque hiver: la grippe saisonnière! Et les études confirment que la vaccination est la meilleure façon d’échapper aux complications parfois gravissimes lorsqu’on se retrouve en contact avec ce virus, surtout quand, avec l’avancée en âge, la réponse immunitaire a tendance à être moins efficace.
Bonne nouvelle: deux nouveaux vaccins sont désormais disponibles, remboursés et recommandés aux plus de 65 ans, levaccin haute dose Efluelda et le vaccin adjuvanté Fluad. Tous les deux sont dits “améliorés”, et des études ont montré qu’ils réduisent le nombre d’hospitalisations chez les personnes âgées ainsi que le nombre de cas de grippe confirmés. “Ce sont deux vaccins très indiqués aux plus âgés et a fortiori à ceux qui souffrent de maladies chroniques car ils vont améliorer leur réponse immunitaire, mieux les protéger et limiter des hospitalisations. Autrement dit, ils repoussent le risque d’entrer en dépendance”, précise le Pr Claude Jeandel, spécialiste de médecine interne et de gériatrie à l’université de Montpellier.
Zona, un vaccin qui protège aussi d’Alzheimer
Le vaccin contre le zona aurait plus de pouvoirs que prévu! Une étude menée par des chercheurs californiens montre que les personnes vaccinées ont un risque réduit de 20% de développer une démence au cours des sept années suivant l’injection. Autre bonne nouvelle, les personnes vaccinées ont aussi, selon une autre étude, un risque réduit de 23% de maladies cardio-vasculaires comme l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’insuffisance cardiaque et l’infarctus du myocarde. Une bonne surprise à ne pas bouder! D’autant que le nouveau vaccin Shingrix est très efficace pour se protéger du zona, si douloureux et d’autant plus fréquent et sévère qu’on avance en âge. En France, il est recommandé et remboursé à tous dès 65 ans. Des études récentes suggèrent que le vaccin dirigé contre le virus respiratoire syncitial (VRS) recommandé pour les plus de 75 ans, et les plus de 65 ans avec comorbidité, jouerait également un rôle protecteur contre la maladie d’Alzheimer.
L’hypertension mieux dépistée grâce à l’IA

Contrôler une hypertension protège des maladies cardio-vasculaires et associées (AVC, diabète, maladie rénale chronique, broncho-pneumopathie chronique obstructive), d’où l’importance de prendre sa tension régulièrement. Au choix: à la maison, en pharmacie ou chez le médecin, bien que le stress de la consultation puisse fausser le résultat.
Deux nouvelles technologies de détection, basées sur l’intelligence artificielle arrivent sur le marché. La première est une nouvelle montre connectée Apple Watch (series 11 et Ultra 3). Elle détecte l’hypertension grâce à un système innovant qui ne repose pas sur un tensiomètre intégré mais sur l’analyse des données du capteur optique de fréquence cardiaque. La montre utilise le capteur pour mesurer en continu le rythme cardiaque et analyser la réaction des vaisseaux sanguins aux battements du cœur. C’est un algorithme avancé qui interprète ces données sur des périodes de trente jours et peut ainsi détecter précocement une hypertension chronique, souvent asymptomatique. La seconde, le Hilo Band, est un bracelet connecté développé par la société suisse ActiCor. Il mesure en continu la pression artérielle jour et nuit grâce à une technologie optique (photopléthysmographie) et des algorithmes avancés. Reste le coût, non négligeable: il faut compter autour de 230€ pour le Hilo Band et à partir de 450€ pour l’Apple Watch.
Vers un dépistage généralisé du cancer du poumon

“Impulsion” est en plein recrutement en ce début d’année! Ce programme pilote de dépistage du cancer du poumon entend fédérer dans les prochains mois 20000 fumeurs et anciens fumeurs qui bénéficieront deux scanners thoraciques faiblement dosés à un an d’intervalle, puis d’un troisième scanner deux ans plus tard si les deux premiers sont négatifs. Objectif: repérer au plus vite un cancer du poumon débutant. Si ce programme s’avère concluant, c’est-à-dire s’il permet de sauver des vies, il ouvrira la voie à un dépistage généralisé organisé en France, à l’image de ce qui se fait déjà avec la mammographie pour le cancer du sein. Il s’adresse à des fumeurs actifs ou sevrés, de 50 à 74 ans, dont la consommation est (ou a été) d’au moins 15 cigarettes par jour pendant plus de vingt-cinq ans, ou de plus de 10 pendant plus de trente ans, asymptomatiques, sans comorbidité majeure ni antécédent de cancer du poumon. Les inclusions se feront via un site internet dédié, un centre d’appels spécifiques (3433) et la mobilisation des médecins généralistes. Plusieurs études internationales ont montré une réduction de 20% à 40% de la mortalité spécifique par cancer du poumon grâce au dépistage, et des programmes de dépistage par scanner à faible dose ont déjà été mis en place en Roumanie, Croatie, Italie, Angleterre et Australie. En France, d’autres programmes pilotes sont en cours et leurs conclusions nourriront également le débat sur l’opportunité d’un dépistage organisé, notamment l’étude Cascade, qui porte sur les femmes fumeuses, et l’étude Opti-depist-mut en Île-de-France.
Source: Notre temps


