Pétrole et gaz : Baleine et Calao ouvrent la voie à des milliards de retombées pour la Côte d’Ivoire

Abidjan – Les découvertes des champs pétroliers et gaziers Baleine et Calao marquent un tournant majeur pour le secteur énergétique de la Côte d’Ivoire. Dans un entretien accordé au Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), le Directeur général des Hydrocarbures, Essé Kouamé Bienvenu, a détaillé les retombées économiques, énergétiques et sociales attendues de ces découvertes qualifiées de « classe mondiale ».

Selon lui, ces deux gisements représentent des réserves exceptionnelles pour le pays. Les estimations actuelles dépassent 6 milliards de barils équivalents pétrole.
« Baleine et Calao constituent des découvertes majeures, des faits inédits d’autant plus que ce sont les premières découvertes de classe mondiale pour la Côte d’Ivoire. Les estimations vont au-delà de 6 milliards de barils équivalents pétrole pour ces deux réserves. »
Dans le détail, le champ Baleine renferme plus de 2,5 milliards de barils d’huile et plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel, tandis que Calao disposerait d’environ 5 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel et près de 450 millions de barils de condensat.
Un levier pour la transformation économique
Pour le Directeur général des Hydrocarbures, ces ressources pourraient jouer un rôle déterminant dans la transformation économique du pays. L’énergie étant au cœur de l’activité économique, l’augmentation des ressources gazières permettra de soutenir la production d’électricité, dont près de 70 % provient actuellement du gaz naturel.
« Avoir beaucoup de gaz naturel signifie avoir beaucoup de combustible pour la génération de l’énergie électrique. Cela permettra de satisfaire les besoins croissants du pays et même d’aller au-delà pour répondre à ceux de la sous-région. »
Cette disponibilité accrue en énergie devrait favoriser l’industrialisation du pays, stimuler la croissance économique et générer plusieurs dizaines de milliers d’emplois, notamment pour les jeunes.
Une contribution accrue au PIB
Le développement des projets Baleine et Calao s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à renforcer la contribution du secteur énergétique à l’économie nationale.
« Le gouvernement s’est fixé pour objectif de doubler la contribution du secteur à l’horizon 2030 autour de 14 % du Produit intérieur brut. »
Selon Essé Kouamé Bienvenu, la part minimale de la production revenant à l’État ivoirien est fixée à 52,5 %, après déduction des charges, un taux appelé à augmenter avec le niveau de production.
Vers un acteur pétrolier majeur en Afrique de l’Ouest
Avec ces nouvelles découvertes, la Côte d’Ivoire ambitionne de renforcer sa position dans l’industrie pétrolière régionale. Le pays figure déjà parmi les principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest et vise une production de 200 000 barils par jour d’ici 2030.
« À ce niveau de production, la Côte d’Ivoire sera juste derrière le Nigeria en Afrique de l’Ouest. »
Des retombées sociales et économiques attendues
Au-delà des retombées macroéconomiques, les projets pétroliers et gaziers devraient également contribuer au développement des territoires. Dans le secteur des hydrocarbures, les investissements sont généralement accompagnés de projets sociaux.
Ces initiatives portent notamment sur la construction d’infrastructures dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’électrification et de l’accès à l’eau potable, en particulier dans les zones de production.
Par ailleurs, la loi sur le contenu local, adoptée en 2022, vise à renforcer la participation des entreprises ivoiriennes dans la chaîne de valeur pétrolière et gazière.
« Cette loi permettra de maximiser la part de la valeur ajoutée captée par l’économie nationale et d’augmenter la participation des Ivoiriens dans les activités pétrolières. »
La Côte d’Ivoire en futur hub énergétique régional
Avec les importantes ressources en gaz naturel identifiées, le pays pourrait également consolider son ambition de devenir un hub énergétique en Afrique de l’Ouest.
« Les ressources en gaz naturel dont nous disposons aujourd’hui vont nous permettre de produire suffisamment d’électricité pour satisfaire nos besoins et ceux de plusieurs pays de la sous-région. » Pour le Directeur général des Hydrocarbures, les perspectives sont prometteuses. Grâce au potentiel identifié et aux réformes engagées, le développement de l’industrie pétrolière ivoirienne devrait générer des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects à l’horizon 2030, tout en offrant de nouvelles opportunités aux entrepreneurs nationaux.
RK avec CICG


