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Briser le silence : un élan national inédit contre les violences basées sur le genre

Les victimes des VBG doivent désormais dénoncer leurs bourreaux. Ph.DR

À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), un signal fort émerge en Côte d’Ivoire : la parole se libère comme jamais auparavant, révélant une prise de conscience collective et un engagement croissant pour lutter contre ces violences longtemps passées sous silence.

ors d’un café-débat organisé à Cocody par Alliance Transformative et le REMAPSEN, les acteurs engagés dans la lutte contre les VBG ont salué cette dynamique de dénonciation accrue, tout en appelant à un renforcement urgent des ressources pour accompagner les personnes qui osent désormais parler. Cette rencontre s’inscrit au cœur de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme, qui se déroule du 25 novembre au 10 décembre et mobilise survivantes, organisations et médias pour mettre fin aux violences et promouvoir une réelle prise de conscience sociétale.

Les données publiées en 2024 par le Programme national de lutte contre les VBG illustrent clairement cette évolution : 9 607 cas de violences ont été signalés, un chiffre qui, loin d’être uniquement alarmant, démontre surtout une volonté croissante de briser le silence.

Dans le détail, les cas enregistrés se répartissent comme suit :

  • 920 viols,
  • 287 agressions sexuelles,
  • 2 030 agressions physiques,
  • 153 mariages forcés,
  • 4 394 cas de déni de ressources ou d’opportunités,
  • 1 798 violences psychologiques.

Ces chiffres, bien qu’ils révèlent l’ampleur des violences, témoignent également d’un progrès essentiel : les victimes se sentent de plus en plus légitimes et soutenues pour dénoncer. Les formes multiples de violences – sexuelles, physiques, économiques ou psychologiques – rappellent la nécessité de renforcer la prévention, la protection et la prise en charge adaptée de chaque personne affectée.

À travers cette dynamique nouvelle, la Côte d’Ivoire confirme qu’un mouvement profond est en marche : celui d’une société qui refuse désormais de taire les violences et qui s’organise pour protéger, écouter et agir.

Hermann N’Zarama

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