France : les députés votent l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

L’Assemblée nationale a adopté, une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Soutenu par le gouvernement, le texte porté par la députée Laure Miller a été approuvé par 130 voix contre 21 et bénéficie d’une procédure accélérée.
Le projet doit désormais être examiné par le Sénat « dans les semaines à venir », a indiqué la ministre chargée du Numérique, Anne Le Hénanff. L’ancien Premier ministre et président du groupe Renaissance à l’Assemblée, Gabriel Attal, s’est félicité que « la France ouvre le chemin ».
Une législation parmi les plus restrictives
Si le texte est définitivement adopté, la France deviendrait le deuxième pays à instaurer une telle interdiction après l’Australie, qui a proscrit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre dernier.
Le gouvernement souhaite une application rapide :
- Rentrée 2026 : interdiction pour les nouveaux comptes ;
- 1er janvier 2027 : mise en place d’une vérification d’âge efficace pour tous les utilisateurs.
Le texte stipule que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans ».
WhatsApp exclu du dispositif
Certaines plateformes éducatives ne sont pas concernées. De même, les « messageries privées interpersonnelles » comme WhatsApp échappent à l’interdiction, a précisé Laure Miller.
Durant les débats, des voix se sont élevées contre la mesure. Le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé un « paternalisme numérique », tandis que l’écologiste Steevy Gustave a critiqué une solution « simpliste ».
Téléphones portables : un encadrement renforcé dans les lycées
Le texte visait également à étendre l’interdiction des téléphones portables aux lycées, comme c’est déjà le cas dans les écoles et collèges. Les députés ont toutefois adopté une réécriture : le règlement intérieur devra désormais préciser « les lieux et les conditions d’utilisation » des téléphones.
À défaut, l’usage sera interdit pendant les cours et dans les couloirs, mais autorisé dans une zone spécifique de la cour.
Santé mentale : un enjeu central
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment alerté sur les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Des plateformes comme TikTok, Snapchat ou Instagram sont pointées du doigt pour les risques de cyberharcèlement, la comparaison permanente, l’exposition à des contenus violents et les mécanismes de captation de l’attention, souvent au détriment du sommeil.
Source: Yahoo


