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Port d’Abidjan : les dockers menacent de bloquer les opérations de manutention

La tension monte au port d’Abidjan. Mécontents de la gestion de leurs revendications, des dockers menacent de passer à l’action et de paralyser les dépôts. Au cœur de leur colère : les nominations provisoires, la gestion de leur corporation et le suivi des engagements pris à leur égard.

Le port d’Abidjan est-il à l’approche d’un nouveau bras de fer social ? Le mercredi 28 octobre 2026, des dockers ont exprimé leur exaspération face à plusieurs problèmes qu’ils jugent persistants. Lors d’un rassemblement, un responsable syndical a haussé le ton et brandi la menace d’un blocage des dépôts si leurs revendications ne trouvent pas de réponse satisfaisante.

Au centre de la contestation figurent la gestion du Syndicat des entreprises de manutention des ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro (SEMPA/BMOD), les nominations provisoires et le traitement des préoccupations sociales des travailleurs.

Les nominations provisoires au cœur de la colère

Les modalités de nomination et la gestion des travailleurs alimentent les tensions. Le responsable syndical dénonce des pratiques qu’il estime préjudiciables aux intérêts des dockers et réclame davantage de transparence dans les décisions qui concernent leur avenir professionnel.

Il évoque également des engagements qui, selon lui, n’auraient pas été suivis d’effets suffisants. Parmi les points soulevés figure la mise en place d’une permanence concernant quelque 3 000 personnes. Une situation qui, à ses yeux, justifie une mobilisation accrue des travailleurs.

Le syndicaliste a aussi mis en avant le poids économique de l’activité portuaire, citant un volume de 45 millions de tonnes pour souligner la contribution du secteur. Son message est sans équivoque : les dockers entendent obtenir des réponses concrètes à leurs préoccupations.

Les dépôts dans le viseur

C’est la menace la plus préoccupante de cette mobilisation. Le responsable syndical a évoqué la possibilité de paralyser les dépôts si les pratiques dénoncées persistent. Une telle action pourrait perturber les opérations de manutention et les mouvements de marchandises dans cette infrastructure stratégique pour l’économie ivoirienne.

« Personne ne va venir nous donner notre bonheur », a-t-il déclaré en substance, appelant les travailleurs à compter sur leur solidarité pour défendre leurs intérêts.

Pour l’heure, cette déclaration constitue une menace d’action et non la confirmation d’un blocage effectif. Mais elle traduit un durcissement du discours syndical et fait planer le risque de nouvelles perturbations si aucun compromis n’est trouvé.

Le dialogue social à l’épreuve

Cette nouvelle montée de tension intervient alors que le SEMPA/BMOD avait annoncé, en août 2026, la signature d’un protocole d’accord avec les organisations syndicales après plusieurs mois de négociations autour de onze revendications.

La situation actuelle remet ainsi au premier plan la question du suivi des engagements et de la capacité des parties à résoudre durablement les différends.

L’enjeu dépasse les seuls intérêts des dockers. Toute paralysie des dépôts pourrait affecter la chaîne logistique et les activités liées au commerce. Face à cette perspective, le dialogue entre les représentants des travailleurs, les responsables concernés et les autorités apparaît déterminant pour éviter une escalade.

Au port d’Abidjan, le compte à rebours est-il engagé ? La réponse dépendra des prochaines décisions et de la volonté des parties de privilégier des solutions concrètes avant que la menace de blocage ne se transforme en action.

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