Énergie : la Côte d’Ivoire s’inspire du modèle algérien pour bâtir son expertise pétrolière

Au lendemain de la signature d’un accord de coopération stratégique dans le secteur énergétique avec l’Algérie, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a effectué, le 31 mars 2026, une visite d’immersion à l’Institut Algérien du Pétrole, situé à Boumerdès.
Cette visite avait pour objectif de mieux comprendre les fondements du succès de cet établissement de référence, dont la réputation s’étend bien au-delà du continent africain.
Pour le ministre, le développement durable de l’industrie énergétique passe avant tout par la formation du capital humain.
« Sans compétences locales, pas de transformation durable », a-t-il affirmé.
Il a salué le rôle joué depuis plus de six décennies par l’Institut algérien du pétrole dans la formation des ressources humaines ayant permis à l’Algérie de bâtir une industrie énergétique intégrée et souveraine.
« Au terme de cette visite, on comprend mieux comment ce pays a pu atteindre des résultats aussi encourageants et surtout comment il a pu maintenir ce niveau », a souligné Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Le ministre a relevé que, portée par la montée en puissance attendue de ses ressources gazières et pétrolières, la Côte d’Ivoire s’apprête à franchir un nouveau cap.
Selon lui, cette dynamique s’inscrit dans la vision portée par le président Alassane Ouattara, qui met l’accent sur la nécessité de développer une filière extractive intégrée, créatrice de valeur ajoutée locale au-delà de la seule extraction.
« La Côte d’Ivoire doit gagner ce pari », a-t-il insisté.
Face à une production nationale appelée à quadrupler dans les trois prochaines années, le pays entend anticiper une forte demande en ingénieurs, techniciens et experts du secteur.
Dans cette perspective, le ministre a évoqué la volonté de s’inspirer du modèle algérien, fondé sur l’articulation entre une compagnie nationale et un institut de formation.
« L’idée d’une corporate university, adossée à PETROCI, à l’image du lien entre Sonatrach et l’IAP, pourrait prendre corps », a-t-il indiqué.
Le directeur de l’Institut, Mohamed Khodja, a précisé que 75 % des formateurs sont des experts issus de Sonatrach, y compris d’anciens retraités, permettant ainsi de capitaliser sur plusieurs décennies d’expérience.
Créé en 1965, deux ans après Sonatrach, l’IAP est aujourd’hui considéré comme une véritable usine à compétences, ayant contribué au développement du géant énergétique algérien, fort de 149 filiales et plus de 66 000 employés.
À travers cette immersion, la Côte d’Ivoire affiche clairement son ambition de construire une expertise nationale solide pour accompagner l’essor de son industrie pétrolière et gazière.
Gaël Tibet avec CICG



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