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Industrie culturelle : désormais une licence obligatoire pour les organisateurs de spectacles en Côte d’Ivoire

Fini le désordre dans l’industrie culturelle ivoirienne. Le gouvernement entend désormais mettre de l’ordre dans l’organisation des spectacles vivants en instaurant un régime de licences obligatoire pour les entrepreneurs du secteur. Cette réforme, portée par le ministère de la Culture et de la Francophonie, marque une nouvelle étape dans la professionnalisation de la filière et vise à garantir un environnement plus structuré, plus transparent et plus compétitif.

C’est dans cette perspective que la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a présidé, le lundi 27 juillet 2026 à la Tour B à Abidjan, une rencontre d’information et d’échanges avec les représentants des organisateurs de spectacles vivants. Les discussions ont porté sur les modalités de mise en œuvre de l’arrêté portant organisation des spectacles vivants sur le territoire national, pris en application du décret du 20 octobre 2021.

Fruit d’une concertation engagée depuis juin 2024 avec les professionnels du secteur, ce nouveau dispositif introduit trois catégories de licences – producteurs (A), diffuseurs (B) et exploitants de lieux de spectacles (C) – destinées à mieux encadrer les activités des entrepreneurs de spectacles vivants et à renforcer la gouvernance de cette industrie culturelle en pleine expansion.

Pris en application du décret du 20 octobre 2021, ce texte introduit une réforme majeure : l’exercice des activités d’entrepreneur de spectacles vivants est désormais soumis à l’obtention d’une licence délivrée par l’État.

Une réforme construite avec les professionnels

Loin d’être une décision unilatérale, cette réforme est le résultat d’un processus de concertation engagé avec les acteurs de la filière. Une task force, installée le 12 juin 2024, a réuni les représentants de l’industrie du spectacle vivant afin de définir les modalités pratiques de cette nouvelle réglementation.

Les travaux ont abouti à un arrêté présenté le 23 décembre 2025 au Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, puis validé par l’ensemble des parties prenantes.

Trois licences pour encadrer le secteur

Le nouveau dispositif distingue désormais trois catégories d’entrepreneurs de spectacles vivants :

  • Licence A : producteurs de spectacles vivants ;
  • Licence B : diffuseurs de spectacles vivants ;
  • Licence C : exploitants de lieux de spectacles vivants.

Cette organisation permettra de clarifier les responsabilités des différents intervenants, d’améliorer la gouvernance du secteur et de garantir le respect des normes professionnelles.

Les candidatures ouvertes à partir du 15 septembre

La ministre Françoise Remarck a annoncé que l’appel à candidatures pour les licences B (diffuseurs) et C (exploitants de lieux de spectacles) se déroulera du 15 septembre au 15 octobre 2026. Les dossiers seront examinés par la Commission de délivrance des licences d’entrepreneurs de spectacles vivants (CODELES).

La délivrance des licences A, destinées aux producteurs de spectacles vivants, interviendra dans une phase ultérieure.

Faire du spectacle vivant un secteur d’excellence

Au-delà de son caractère réglementaire, cette réforme traduit la volonté du gouvernement de bâtir une industrie culturelle moderne, structurée et compétitive. Elle doit favoriser la professionnalisation des acteurs, la transmission des savoir-faire entre générations et offrir aux artistes comme aux entrepreneurs culturels les conditions nécessaires pour vivre durablement de leur activité.

« L’État travaille pour et avec vous », a rappelé Françoise Remarck, invitant les professionnels à préparer leurs dossiers afin de répondre à l’appel à candidatures.

Avec cette réforme, la Côte d’Ivoire entend assainir durablement le secteur des spectacles vivants et faire de l’industrie culturelle un véritable moteur de création, d’emplois et de rayonnement culturel.

Roger Kassé

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