Octobre Rose : et si, cette année, l’espoir gagnait enfin la bataille ?

Il y a des mois qui reviennent chaque année et qui, pourtant, ne perdent jamais de leur urgence. Octobre en fait partie. Le jeudi 1er octobre, la Côte d’Ivoire se pare à nouveau de rose, et avec elle, tout un pays retient son souffle et se remobilise contre un adversaire silencieux : le cancer du sein.
Les chiffres, on les connaît, mais ils méritent d’être redits, car on ne s’habitue jamais vraiment à eux. Ne dit-on pas que la répétition est pédagogique? Premier cancer chez la femme ivoirienne, il représente 19 % de tous les cancers diagnostiqués dans le pays, plus d’un tiers des cancers féminins, avec plus de 3 300 nouveaux cas chaque année. Et il continue d’emporter environ 1 800 vies par an, 10 chaque jour. À l’échelle du continent, les cancers du sein et du col de l’utérus représentent, à eux seuls, plus de la moitié des cancers féminins. Une majorité de ces cas sont encore découverts à un stade avancé, quand la maladie a déjà pris de l’avance sur nous.
Alors oui, ces chiffres font mal. Mais ils ne racontent pas toute l’histoire.
Parce qu’un chiffre peut aussi être une promesse
Car derrière chaque statistique se cache une vérité plus douce : le cancer du sein, détecté tôt, se soigne. Et se soigne bien. C’est précisément la raison d’être d’Octobre Rose — non pas effrayer, mais armer. Armer les femmes de connaissance, de réflexes simples, d’un rendez-vous pris sans attendre. Une mammographie, une palpation, un geste d’autopalpation à la maison : ce sont de petites actions qui, mises bout à bout, sauvent des vies entières.
Lire aussi « Marie-Pierre – Le cancer n’est pas seulement qu’en octobre » : un film pour sensibiliser à Abidjan – Le Journal des Bonnes Nouvelles d’Abidjan : Octobre Rose : et si, cette année, l’espoir gagnait enfin la bataille ?Et la Côte d’Ivoire avance. Le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara, à Cocody, l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan, et bientôt un deuxième centre de prise en charge à Grand-Bassam : ce ne sont pas de simples bâtiments, ce sont des portes qui s’ouvrent, des distances qui se raccourcissent entre une femme inquiète et un diagnostic rapide. Chaque année, dans les centres de dépistage du pays, ce sont jusqu’à 200 femmes par jour qui franchissent le pas pour connaître leur statut. Chacune de ces démarches est une victoire silencieuse contre la peur et le déni.
Le dépistage n’est pas une sentence, c’est une chance
Trop de femmes, encore aujourd’hui, redoutent de se faire dépister par crainte du résultat. C’est pourtant l’inverse qu’il faut retenir : ne pas savoir ne protège de rien, savoir tôt, lui, peut tout changer. Un cancer détecté à ses débuts se traite dans l’immense majorité des cas. C’est là tout le sens du message porté chaque année par Octobre Rose : aucune femme ne devrait mourir d’un cancer qu’on aurait pu attraper à temps.
Alors, en ce mois d’octobre, l’appel est simple et sans détour : mesdames, prenez rendez-vous. Parlez-en à vos mères, vos sœurs, vos amies, vos collègues. Faites de cette palpation un réflexe, comme on se lave les mains ou l’on boucle sa ceinture. Et aux hommes aussi : accompagnez, encouragez, relayez ce message, car cette lutte nous concerne tous.
Le cancer du sein reste un défi immense pour la Côte d’Ivoire. Mais chaque femme dépistée, chaque centre ouvert, chaque tabou brisé est une pierre de plus posée sur le chemin de la guérison collective. Cette année encore, faisons d’Octobre Rose non pas un mois de crainte, mais un mois d’action — et, pour beaucoup, un mois qui aura changé une vie.
Roger Kassé




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