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Secteur portuaire : les dockers plaident pour une gouvernance participative et apaisée

Abidjan, 3 mars 2026 (AIP) – Les dockers ivoiriens, regroupés au sein de la Fédération nationale des dockers de Côte d’Ivoire (FENADCI) et de la Fédération des syndicats de dockers pour le renouveau (FSDR), ont réaffirmé leur volonté de reprendre la gestion de leur mutuelle sociale ainsi que celle du bureau de la main-d’œuvre. Lors d’une conférence de presse animée mardi à Abidjan, ils ont également appelé à l’ouverture d’un « dialogue sincère et constructif » afin de préserver la paix sociale dans le secteur portuaire.

Malgré la trêve sociale actuellement en vigueur, le secrétaire général de la FENADCI, Guéi Adéhi Ka Pliké, a tenu à clarifier la position des travailleurs.
« La signature d’une trêve sociale ne signifie pas que nos droits doivent être ignorés », a-t-il déclaré.

Selon lui, trois revendications majeures, sur les onze inscrites dans la plateforme syndicale, demeurent prioritaires pour assainir les relations professionnelles et garantir l’avenir du métier de docker.

Le premier point de tension concerne la gestion du bureau de la main-d’œuvre, que les syndicats accusent d’être contrôlé par les entreprises de manutention. « Le bureau de la main-d’œuvre des dockers appartient aux dockers et non aux manutentionnaires », a insisté M. Guéi, exigeant une implication pleine et entière des représentants des travailleurs dans sa gestion.

La deuxième revendication porte sur la couverture sanitaire. Les dockers dénoncent des insuffisances dans la gestion actuelle de leur assurance maladie et réclament un droit de regard sur les cotisations qu’ils financent eux-mêmes. Pour y remédier, ils annoncent la création de la Mutuelle sociale des dockers de Côte d’Ivoire (MUDOCK-CI), destinée à instaurer un système d’auto-assurance adapté aux risques d’un métier jugé particulièrement dangereux.

Le troisième point concerne l’évolution professionnelle. Les syndicats déplorent le blocage des carrières, imputé à la non-mise en place du comité de nomination et de régulation censé encadrer les promotions. Selon eux, l’opérationnalisation de cet organe permettrait notamment aux dockers journaliers d’accéder au statut de permanent.

Au cœur des frustrations figure également l’application partielle du décret de 2019 régissant la profession. Si certaines avancées, notamment l’accès au contrat à durée indéterminée (CDI), ont été obtenues, plusieurs dispositions essentielles restent inappliquées, notamment celles relatives aux nominations et aux fonds de solidarité, encore en attente de décisions administratives.

Le secrétaire général de la FENADCI a ainsi plaidé pour l’ouverture de discussions aussi bien avec l’employeur, le Syndicat des entreprises de manutention du port d’Abidjan (SEMPA), qu’avec l’État, afin d’obtenir les moyens nécessaires au fonctionnement de la future mutuelle.

De son côté, le secrétaire général de la FSDR, Carlos Kobena, a expliqué la reprise de la mobilisation syndicale après plus d’un an de silence.
« Nous avons trop attendu. Si nous ne réagissons pas, rien ne sera réglé. Il est temps d’amener toutes les parties à s’asseoir autour de la table », a-t-il affirmé.

Forte d’un effectif estimé à plus de 8 000 travailleurs, la corporation laisse entrevoir la possibilité d’un durcissement de sa position si ses revendications continuent de rester sans réponse, faisant planer le risque d’une fin anticipée de la trêve sociale dans le secteur portuaire.

Roger Kassé

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